Pour lutter contre la pandémie, les entreprises engagées se sont regroupées en coalitions dans de nombreux pays afin de mutualiser les ressources et de mieux coordonner les actions.Les coalitions en zone anglophone existent depuis une dizaine d'années, mais depuis 2005-2006, presque tous les pays d'Afrique francophone se sont dotés d'une coalition.
Etat des lieux des coalitions d'entreprises contre le sida en Afrique*
Il existe à l'heure actuelle une vingtaine de coalitions réellement structurées.
Les coalitions, à travers leurs activités, remplissent différents objectifs.La plupart des coalitions ont pour objectif de coordonner la réponse du secteur privé.Elles agissent en tant que structure cadre permettant un partage des connaissances, des “meilleures pratiques”, facilitent la mise en réseau des membres entre eux et avec les fournisseurs de services externes.Quelques coalitions commencent à agir en tant que fournisseur de services pour les communautés ainsi que pour le secteur privé, par exemple l’Ouganda offre traitements et des soins à 4000 patients grâce à 40 employés.
Les coalitions opèrent sur des modèles de financement différents, même si toutes dépendent, dans une certaine mesure, de financements internationaux.
- La plupart des coalitions sont basées sur un modèle d’adhésion, même si elles dépendent de financements internationaux, et n’ont aucune intention de s’éloigner de ce modèle
- Quelques coalitions essaient de ne plus dépendre de financements internationaux et se dirigent vers un modèle de financement indépendant durable en fournissant des services
- Quelques coalitions dépendant entièrement de donateurs internationaux, n’ont pas de cotisations d’adhésion. Par exemple le Botswana, le Swaziland et le Rwanda
La plupart des coalitions font face à
deux défis : maintenir un modèle financier durable et atteindre les petites et moyennes entreprises.
• Un financement durable
- Le financement des donateurs est en général à court terme (< 1 an) et basé sur un projet plutôt que récurrent. Un taux de paiement des cotisations aussi bas que 20% dans certains pays ;
- Des cotisations d’adhésion qui couvrent à peine les coûts opérationnels dans la plupart des pays, sans compter les coûts liés aux services et aux projets.
• Engager le secteur privé dans sa totalité, en particulier les PME, ainsi que l’économie informelle
- Elles emploient plus de personnes en Afrique que les multinationales ;
- Elles tendent à ne pas reconnaître l’importance de la maladie du SIDA en tant que problème majeur ou ne possèdent pas les ressources ou les connaissances nécessaires pour développer des programmes appropriés ;
- Elles tendent à ne pas posséder les mêmes ressources que les multinationales et ont besoin de plus de support or, elles sont pourtant souvent en lien avec le secteur formel (prestataires, fournisseurs).
Elles sont, avec leurs difficultés, une réelle opportunité d'avoir une structure et des ressources dédiées à ce sujet afin de soutenir les entreprises dans la mise en place de leur programme de lutte contre le VIH-sida.
* D'après le World Economic Forum
Mise à jour : mars 2009